Liban: Jamais menacé et toujours aussi arrogant, le “système” finira par récupérer la rue


Comme toujours, la classe politique libanaise parvient à contenir le mécontentement populaire, en jouant sur une série de paramètres toujours porteurs, dont principalement

(i) les clivages confessionnels, qui finissent, toujours, par reprendre le dessus sur l’unité de façade des contestataires,

(ii) les risques sécuritaires et la nécessaire stabilité, qui demeurent une priorité absolue pour tous les acteurs internes et leurs relais et soutiens extérieurs, et

(iii) le contrôle ferme que les chefs politiques et confessionnels exercent chacun sur leurs groupes respectifs, qui ne s’est jamais démenti dans les faits.

A cela s’ajoutent des facteurs liés au mouvement de contestation lui-même, dont

(iv) l’absence de leadership chez les contestataires,

(v) le manque de vision chez les dirigeants du mouvement, et

(vi) l’amateurisme de l’encadrement de ce mouvement.

Dans cette note de 3.555 mots, réservée à ses clients, MESP présente la cartographie des acteurs: les “sept piliers” du système, les activistes civils, les médias (dont l’actionnariat démontre clairement sa proximité du système dénoncé…), les influenceurs, etc..

Cette note tente aussi d’évaluer les risques liés à de tels mouvements menés de manière anarchique, dans un contexte hautement complexe et menaçant.

MESP, qui regrette cette énième occasion râtée qui aurait pu enclencher quelques changements positifs, annonce, d’ores et déjà, que

(vii) le mouvement risque de s’essoufler assez rapidement, et

(viii) qu’il risque d’être récupéré politiquement.

A un niveau plus stratégique, MESP tente, dans cette note, d’évaluer l’impact possible de cet épisode contestataire sur la réorganisation des rôles au sein du système tant décrié mais toujours insensible aux critiques. Il y est question de

(ix) la survie de l’accord de Taëf (en vue de rassurer la composante sunnite, pro-saoudienne),

(x) d’une implémentation flexible et à la carte de ses dispositions (en vue de rassurer la composante chrétienne), et

(xi) d’un rôle d’arbitre confié à la composante chiite (ce qui reflète la réalité libanaise et géopolitique actuelle, et qui permet aussi de remplir le rôle confié autrefois à l’arbitre syrien…).