EAU – France: Une convergence durable


Chaque rencontre de haut niveau entre les autorités émiraties et françaises, comme la réunion le 17/10 à Abu Dhabi entre le prince héritier cheikh Mohammad Ben Zayed Al Nahyan et le Ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, est l’occasion pour les observateurs de constater la solidité du partenariat stratégique franco-émirati. En effet, les Emirats Arabes Unis et la France, deux puissances moyennes dans leur environnement géostratégique respectif, et qui se ressemblent de par leur attachement à une certaine conception de la souveraineté, gagnent beaucoup de leur association. Ils ont en commun et cette obsession souverainiste, et cette ambition d’agir pour influencer leur environnement en fonction et au service de leurs propres intérêts. Leur partenariat leur permet à chacun de répondre à cette volonté de se positionner comme acteur qui pèse sur les affaires qui l’affectent et affectent ses intérêts, tout en préservant leur autonomie d’action et leur souveraineté.

Les exemples où les intérêts émiratis et français se recoupent, et parfois se confondent, sont nombreux. Surtout, les EAU et la France ont une vision commune sur de nombreux dossiers chauds : il y a la défiance, partagée, à l’égard de l’Iran, et la volonté, partagée aussi, de ne pas s’enfermer définitivement dans un camp sous domination américaine ; il y a aussi cette animosité commune à l’égard de l’islamisme militant et déstabilisateur, et une convergence de vues sur les menaces qui pèsent sur la zone d’intérêt commune qui est le Golfe, l’Océan Indien, l’Afrique du Nord (Libye, Egypte). Cela ouvre la voie forcément à une consolidation du partenariat stratégique franco-émirati basé sur la confiance mutuelle et à l’entreprise d’actions communes menées de manières bilatérales ou multilatérales à divers niveaux politique, diplomatique, économique, culturel, militaire.

Dans ce dernier domaine, le domaine militaire, les exemples sont eux aussi nombreux : il y a la base militaire d’al-Aïn, et le programme de satellites franco-émirati qui ouvre de nouvelles perspectives à la coopération bilatérale dans le domaine très sensible du renseignement ; il y a aussi la contribution opérationnelle, discrète mais efficace, fournie par les Forces armées françaises aux unités émiraties engagées au Yémen et en Libye. Dans le domaine militaire toujours, un domaine hautement stratégique et qui permet à chacun des deux partenaires de défendre sa sacro-sainte indépendance technologique, militaire, stratégique, Abu Dhabi et Paris multiplient les programmes communs, allant du secteur terrestre, au secteur aérien, en passant par le secteur naval.

Cette coopération, sur laquelle ne pèse aucune contrainte politique particulière, ni pour l’un ni pour l’autre (l’Armée de l’Air française utilise sa base d’Abu Dhabi en fonction de ses propres impératifs, et l’Armée de l’Air émiratie utilise ses Mirage 2000-9 sans que le pays fournisseur ne lui pose de conditions préalables comme ce fut le cas en août 2014 en Libye lorsque les Etats-Unis interdirent aux Emiratis d’utiliser leurs F-16…), s’élargit donc jusqu’à couvrir le domaine spatial et le renseignement, tout en permettant à d’anciens partenariats de se développer et de s’étendre comme devraient l’illustrer le renouvellement programmé de la flotte de combat des EAU.

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