Iran: Les milieux d’affaires français confirment leur intérêt pour le marché iranien


Publié dans le numéro 10 de la LettreM, 26 septembre 2017.

« Gide s’installe à Téhéran et renforce sa présence au Moyen-Orient ». C’est ainsi que le cabinet d’avocats parisien Gide Loyrette Nouel annonce l’ouverture de son bureau en Iran dont la direction est confiée à l’avocate iranienne Mehrnoosh Aryan en tant qu’« associée en charge de Gide Téhéran ». Pour cette ancienne de Gibson Dunn & Crutcher, « le marché iranien est en pleine expansion, et l’ouverture de ce bureau va nous permettre de soutenir pleinement les entreprises souhaitant s’y développer ». Cette implantation, dont devraient se réjouir les Iraniens, va donc permettre au cabinet Gide « d’accompagner plus activement le développement d’entreprises françaises et internationales » dans ce pays.

A la faveur du recentrage progressif de la politique régionale de la France, et de la reprise des contacts officiels entre Paris et Téhéran, les entreprises françaises expriment un intérêt grandissant pour les opportunités que leur offre le marché iranien : Total [lire « Iran : Total inaugure son grand retour avec un (premier) accord stratégique »), Airbus, Aéroports de Paris, Vinci, Alstom, PSA, Renault, AccordHotels, Yves Rocher, etc. Certaines d’entre elles n’ont jamais renoncé à leur présence directe en Iran au plus fort des tensions franco-iraniennes, alors que d’autres y reviennent aujourd’hui. Ce retour n’est toutefois pas sans embûches, tant les obstacles rencontrés par les entreprises françaises sont multiples et variés, la question du financement étant, encore aujourd’hui, particulièrement délicate (les sanctions américaines empêchant l’utilisation du dollar dans les transactions bancaires), sans parler du risque de déclenchement du dispositif du « snap back » (et donc de rétablissement des sanctions) en cas de manquement au JCPOA.

L’Etat français peut leur venir en aide à plusieurs niveaux, y compris et avant tout, sur le plan politique. Après la levée de l’embargo faisant suite à l’accord nucléaire que Paris avait pourtant voulu retarder, et suite à la visite du Président Hassan Rouhani à Paris début 2016, l’intérêt des milieux d’affaires pour le marché iranien s’est nettement accru [lire : « Rouhani en France : poursuivre l’ouverture sur Téhéran sans froisser Riyad »]. Les propos du président Emmanuel Macron à la Semaine des Ambassadeurs, sur la nécessité de rester neutre dans le conflit confessionnel qui sévit dans le monde musulman, alors que la France penchait jusque-là clairement pour le camp arabo-sunnite et contre l’Iran et l’axe chiite, étaient déjà perçus comme des signaux encourageants et prometteurs (lire : « Iran : Paris espère-t-il avoir le beurre et l’argent du beurre ? »].

Depuis, de nombreux échanges et contacts officiels ont eu lieu entre les deux parties et des accords et contrats commerciaux ont été conclus au profit d’entreprises françaises. La tendance se confirme désormais. Ainsi, la rencontre entre les Présidents Macron et Rouhani en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies, et les prises de positions françaises (celles de Macron qui a défendu l’accord nucléaire devant le Président Donald Trump avant de revenir, plus tard, sur les limites de l’accord quant à sa capacité à contenir l’influence grandissante de l’Iran au Moyen-Orient, et celles de son Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian), favorables au maintien de l’accord nucléaire au risque de s’opposer aux Etats-Unis sur ce dossier, peuvent servir le retour et l’implantation des sociétés françaises. Coté iranien, on observe parallèlement une nette volonté d’intensifier ces échanges y compris dans des secteurs stratégiques (aviation, transports, énergie) jusque-là réservés à des entreprises nationales.

Bien avant le cabinet Gide, d’autres structures d’aides et de soutien aux entreprises exportatrices s’étaient déjà installées en Iran, prenant davantage de risques dans un contexte alors moins accueillant et bien plus opaque…

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