Emmanuel Macron confirme sa visite au Liban: priorité à la stabilité


Publié dans le numéro 48 de la LettreM.

Paris confirme la visite au Liban, cette année, du Président Emmanuel Macron. L’information est rapportée par le quotidien saoudien Asharq al-Awsat du 29 Avril, qui précise que les autorités françaises en ont informé officiellement Beyrouth. Reportée plus d’une fois, cette visite présidentielle se ferait après le lancement effectif de CEDRE, le programme d’aide à l’économie libanaise coordonnée par Paris. Le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian devrait se rendre à Beyrouth au cours des prochaines semaines, alors que le gouvernement présidé par le Premier ministre Saad Hariri planche sur le budget 2019 et sur les réformes exigées par CEDRE. Le Liban mise aussi sur un autre programme d’aide internationale, celui décidé dans le cadre de Rome-2 au profit de ses Forces armées et de sécurité, alors que le gouvernement est invité à ouvrir, enfin, le chantier de la stratégie de défense nationale.

Aujourd’hui encore, le pouvoir libanais parvient à préserver une certaine neutralité vis-à-vis des conflits régionaux. Autant que possible. Le Président Michel Aoun s’efforce d’éviter le basculement total du Liban dans un camp contre un autre, malgré les pressions internes et externes. La France pense-t-elle être en mesure d’aider le Liban à préserver sa stabilité à travers CEDRE ? Le Président Macron se voit-il convaincre son homologue américain Donald Trump de l’urgence pour le Liban de ne pas bousculer les équilibres précaires qui lui assurent ce minimum de stabilité actuellement ? Pense-t-il pouvoir mobiliser encore aujourd’hui ses partenaires et alliés arabes et internationaux en faveur du Liban ?

MESP a consacré plusieurs notes aux relations franco-libanaises, dont certaines sont disponibles sur notre blog et que nous vous invitons à lire ou à relire :

 

CEDRE : Beyrouth tergiverse, Paris s’impatiente

Malgré l’urgence, CEDRE ne ferait pas l’unanimité au sein de la classe politique libanaise. Dans sa forme actuelle en tout cas. Le contexte régional, particulièrement versatile, risque aussi de fragiliser cette nouvelle initiative française en faveur de la stabilité du Liban. La conférence CEDRE ne risque-t-elle pas de devenir l’otage d’enjeux politiques internes au Liban, en plus d’être parfois perçue comme un outil économique et financier à forte teneur géopolitique ?

La France face à l’offensive de charme de la Russie au Liban

Au Liban, la France a désormais une raison supplémentaire, et fondamentale, pour rester vigilante et s’accrocher encore plus à ses acquis : la Russie. Avec les Etats-Unis et leurs partenaires occidentaux, les Français doivent s’inquiéter de la progression de l’influence russe au Liban, à la faveur de la crise syrienne et de l’emprise du Hezbollah et de ses alliés sur le pays. Il est encore temps pour contenir cette offensive de charme menée de manière opportuniste et progressive par la Russie auprès de Libanais désorientés et intéressés par le potentiel qu’ils sont tentés de voir en elle aujourd’hui.

Rome II : Surenchères russes face aux Occidentaux

Une conférence en demi-teinte, sans véritables engagements fermes ni de la part des donateurs, ni de la part du Liban lui-même. Une conférence qui risque, malgré son indéniable intérêt et son urgence pour le Liban, d’attiser les tensions interlibanaises autour de deux principaux thèmes : la stratégie de défense et la Russie.

Liban: Trois conférences pour répondre aux urgences

La France, toujours très mobilisée pour défendre la stabilité du Liban, multiplie les messages de solidarité avec Beyrouth et ses autorités officielles. Ses initiatives au profit du Liban et celles qu’elle soutient et encourage paraissent, dans le contexte actuel, plus que nécessaires pour la stabilité du Liban.