Méditerranée orientale: Rumeurs sur une “base militaire” française au Liban


Alors que Paris doit, logiquement, procéder à une réévaluation générale de sa politique moyen-orientale, des rumeurs circulent sur un projet de base militaire française au Liban, dans une région côtière au nord du pays. Le site de Batroun est pressenti pour un tel projet (selon les rumeurs rapportées par des médias locaux et démenties par des sources concernées). La région est facile d’accès, par les voies terrestres et par la mer, et l’aéroport de Hamat, utilisé occasionnellement par l’USCENTCOM et par les Forces spéciales britanniques n’est pas loin.

La zone, “amicale” (entendre un fief chrétien), accessible, est protégée par une solide présence militaire libanaise. Elle se trouve être dans la continuité géographique du “pays alaouite” et donc de la base russe de Tartous, et face à la base militaire britannique à Chypre. On est dans une zone sensible du bassin oriental de la Méditerranée, où se concentrent de nombreux enjeux géopolitiques et où sont déployées des unités navales du monde entier (y compris celles opérant sous le drapeau de l’ONU).

La France, qui possède une base à Abu Dhabi sur le Golfe arabo-persique, et qui a une présence militaire en Jordanie (en plus de la FINUL), gagnerait, sur le double plan opérationnel et stratégique, à disposer d’une vraie base militaire au Liban, sur cette partie de la Méditerranée orientale.

Mais cela est-il réellement envisageable?

Des sources proches de l’Ambassade de France à Beyrouth affirment que ces rumeurs sur un projet de base militaire française au Liban sont totalement infondées, Paris n’ayant aucune volonté d’élargir sa présence dans ce pays en dehors de sa contribution à la FINUL et de sa coopération militaire et opérationnelle avec les Forces armées et de sécurité libanaises.

Dans cette note de 1.236 mots, MESP tente d’évaluer
(i) les risques liés au lancement de telles rumeurs au cours de cette phase critique pour la France,
(ii) l’intérêt pour la France d’envisager l’élargissement de sa présence militaire sur la zone, et
(iii) les conditions préalables qui devraient être réunies pour espérer mener à bien un tel projet éventuel, et dans les conditions optimales pour l’ensemble des parties.