Iran – Arabie saoudite: Que peut encore faire la diplomatie française avant mai 2017?


Alors que l’Arabie saoudite accélère son virage américain, la France avance ses pions de l’autre côté de la rive du Golfe, en Iran. Certes, l’allié régional de référence de la France reste l’Arabie saoudite, et Paris reste totalement engagé aux côtés des Emirats Arabes Unis, du Qatar, de l’Egypte. Mais, dans le contexte actuel post-accord nucléaire, l’administration française sortante ne prend pas de risques particuliers à s’ouvrir plus franchement sur l’Iran et à assumer une telle ouverture vis-à-vis de ses partenaires arabes et occidentaux. Ainsi, le Président François Hollande, qui vient d’envoyer son Ministre des affaires étrangères à Téhéran une semaine après l’avoir envoyé à Riyad rappeler la dimension « stratégique » des relations franco-saoudiennes, élargit la marge de manœuvre de son successeur en le libérant de toute relation exclusive avec l’une ou l’autre des puissances régionales.

Dans cette notre de 2.579 mots, MESP s’intéresse au repositionnement en cours dans le Golfe et dans la région MOAN de manière générale, des puissances internationales : les Etats-Unis qui tournent la page, décevante pour de nombreux pays arabes, de l’ère Obama ; la Grande-Bretagne, post-Brexit, qui annonce son « retour à l’Est de Suez »,  comme force d’appoint derrière Washington ; la France, qui craint pour ses acquis géopolitiques dans le Golfe et au Moyen-Orient, et qui s’agite pour rester dans le coup en attendant son nouveau Président ; la Russie, qui n’a jamais été autant désirée par les acteurs régionaux qui comptent, tout en étant à ce point redoutée ; la Chine, qui confirme son intérêt pour la région y compris le Golfe, l’Océan Indien, la Méditerranée, et l’Afrique, et qui multiplie les gestes en conséquence ; l’Inde, qui profite, comme la Chine, du « pivot asiatique » des pays de la région, pour consolider ses liens avec ses partenaires de référence (EAU, Israël, Iran, etc.).

Dans cette note, réservée à ses clients, MESP tente d’évaluer l’approche retenue par la France dans le Golfe : un jeu d’équilibriste qui doit lui permettre donc de préserver ses liens solides et stratégiques avec ses partenaires arabes de référence, tout en lui ouvrant des voies de dialogue et d’échanges plus constructives avec l’Iran. En conclusion, MESP propose une série de paramètres à suivre pour permettre de comprendre l’évolution de l’image de la France auprès de ses partenaires traditionnels (Arabie saoudite, EAU, Qatar, Egypte), et auprès de l’Iran (dont le calendrier politique interne coïncide avec celui de la France).